Juridique7 min de lecturePublié le 8 mars 2026 • Mis à jour le 21 octobre 2026

Les 12 clauses indispensables dans votre bail de location

Le contrat type ne suffit pas à protéger pleinement le bailleur. Au-delà des mentions obligatoires, certaines clauses facultatives renforcent considérablement votre sécurité juridique et financière. Voici les 12 clauses que tout propriétaire averti devrait inclure.

Contrat de location présentant les 12 clauses indispensables du bail
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Sommaire

1. Pourquoi ajouter des clauses supplémentaires ?

Le contrat type réglementaire (décret n°2015-587) définit les mentions obligatoires du bail, mais il laisse aux parties la liberté d'ajouter des clauses particulières. Ces clauses sont essentielles pour :

Protéger

Sécuriser le paiement du loyer et les recours en cas de litige

Encadrer

Définir précisément les droits et obligations de chaque partie

Accélérer

Simplifier les procédures en cas de manquement du locataire

2. La clause résolutoire Obligatoire

C'est LA clause la plus importante du bail, rendue obligatoire par la loi du 27 juillet 2023 et le décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026 (en vigueur au 1er octobre 2026). Elle prévoit la résiliation de plein droit du bail 6 semaines après un commandement de payer le loyer, les charges ou le dépôt de garantie demeuré infructueux (et 1 mois après un commandement pour défaut d'assurance).

Modèle de rédaction (conforme décret n° 2026-596)

« Le contrat de location est résilié de plein droit pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. La clause de résiliation de plein droit ne produit effet que six semaines après la date d'un commandement de payer demeuré infructueux, conformément à l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989. Le bail sera également résilié de plein droit en cas de non-souscription d'une assurance des risques locatifs, un mois après un commandement demeuré infructueux. »

Important : le juge peut accorder des délais de paiement (jusqu'à 3 ans) et suspendre les effets de la clause résolutoire uniquement si le locataire en fait la demande et a repris le versement intégral du loyer courant avant l'audience.

3. La clause de révision du loyer Essentielle

Sans clause de révision, aucune augmentation de loyer n'est possible pendant toute la durée du bail. La clause doit référencer l'Indice de Référence des Loyers (IRL) publié par l'INSEE.

Modèle de rédaction

« Le loyer sera révisé chaque année à la date anniversaire du bail en fonction de la variation de l'Indice de Référence des Loyers (IRL) publié par l'INSEE. L'indice de référence est celui du [Xe trimestre] de l'année précédente. La formule appliquée est : Nouveau loyer = Loyer actuel × (Dernier IRL publié / IRL de référence du bail). »

4. La clause de solidarité Colocation

En colocation, cette clause engage chaque colocataire au paiement de la totalité du loyer, et non seulement de sa part. Indispensable pour éviter qu'un départ ne crée un impayé partiel.

Avec clause

Si un colocataire ne paie pas, le bailleur peut réclamer la totalité du loyer à n'importe lequel des autres colocataires.

Sans clause

Chaque colocataire n'est tenu qu'à sa part. Si un colocataire quitte les lieux, le bailleur ne peut réclamer que sa part aux autres.

Loi Alur : la solidarité du colocataire sortant prend fin au plus tard 6 mois après son départ, à condition qu'un nouveau colocataire l'ait remplacé. Sans remplacement, la solidarité se maintient 6 mois maximum.

5. Clause pénale : attention à l'interdiction en bail d'habitation

En droit commun (article 1231-5 du Code civil), une clause pénale prévoit des pénalités de retard. Toutefois, dans un bail d'habitation soumis à la loi du 6 juillet 1989 (vide ou meublé résidence principale), toute clause autorisant le bailleur à percevoir des amendes ou pénalités est interdite et réputée non écrite (article 4, i de la loi de 1989).

Distinction essentielle : en résidence principale, seuls les intérêts au taux légal courent après mise en demeure (article 1231-6 du Code civil). En revanche, une clause pénale (ex. 10 % des sommes impayées) est licite et recommandée dans un bail civil (parking loué séparément, résidence secondaire) ou commercial.

6. La clause d'assurance habitation

L'assurance habitation est une obligation légale du locataire (article 7g de la loi de 1989). La clause renforce cette obligation en prévoyant la résiliation du bail en cas de défaut d'assurance, et en autorisant le bailleur à souscrire une assurance pour le compte du locataire (dont le coût sera récupérable).

Points clés

  • Obligation de fournir une attestation d'assurance à la remise des clés
  • Renouvellement annuel de l'attestation (rappel inclus dans BailleurZen)
  • Résiliation possible via clause résolutoire après mise en demeure d'1 mois
  • Possibilité de souscrire pour le compte du locataire et de récupérer 1/12 du coût mensuel

7. La clause de travaux et modifications

Cette clause précise que le locataire ne peut effectuer de travaux de transformation sans l'accord préalable écrit du bailleur. Les aménagements autorisés (peinture, fixations légères) et les transformations interdites (abattage de cloisons, modification des installations) doivent être clairement distingués.

Aménagements libres

Peinture, papier peint, fixations légères (étagères), remplacement de poignées ou interrupteurs à l'identique.

Travaux soumis à accord

Abattage de cloisons, modification électrique/plomberie, percement de murs porteurs, changement de revêtements de sol.

8. L'interdiction de sous-location

Que le logement soit loué vide ou meublé à titre de résidence principale, la sous-location est interdite par défaut par la loi (articles 8 et 25-3 de la loi du 6 juillet 1989), sauf accord écrit du bailleur sur le principe et sur le prix du loyer. En revanche, dans un bail relevant du Code civil (résidence secondaire, parking), la sous-location est libre sauf clause contraire (article 1717 du Code civil).

Risque Airbnb : rappeler expressément cette interdiction dans le bail (et l'imposer dans tout bail civil) dissuade les sous-locations illégales : « Conformément aux articles 8 et 25-3 de la loi du 6 juillet 1989, toute sous-location totale ou partielle du logement, y compris sur des plateformes de courte durée, est formellement interdite sans l'accord écrit préalable du bailleur. »

9. 5 clauses complémentaires recommandées

8

Clause d'entretien des équipements

Oblige le locataire à l'entretien courant : ramonage annuel de cheminée, entretien annuel de la chaudière/climatisation, dégorgement des canalisations. Précise que les justificatifs doivent être fournis sur demande.

9

Clause de visite pour relocation ou vente

Autorise le bailleur à faire visiter le logement pendant le préavis ou en vue de la vente, dans la limite de 2 heures par jour ouvrable (hors dimanches et jours fériés, article 4 p de la loi de 1989), à des horaires convenus.

10

Clause d'occupation à titre de résidence principale

Rappelle l'obligation d'occuper le logement au moins 8 mois par an (article 2 de la loi de 1989) et interdit le prêt total du logement en l'absence du locataire ou tout hébergement à titre onéreux (l'hébergement gratuit d'un proche par le locataire présent ne pouvant jamais être interdit).

11

Clause de restitution en bon état

Le locataire s'engage à restituer le logement dans l'état dans lequel il l'a reçu, tel que décrit dans l'état des lieux d'entrée, sauf usure normale. Les dégradations sont imputables sur le dépôt de garantie.

12

Clause de communication dématérialisée

Recueille l'accord exprès du locataire pour l'envoi électronique des quittances de loyer et avis d'échéance (article 21 de la loi de 1989, révocable à tout moment).

10. Clauses à ne jamais inclure

L'article 4 de la loi du 6 juillet 1989 liste les clauses réputées non écrites. Même signées par le locataire, elles sont nulles de plein droit :

Interdire la détention d'animaux domestiques
Imposer un mode de paiement unique (prélèvement obligatoire)
Prévoir des pénalités automatiques sans mise en demeure
Obliger le locataire à choisir un assureur désigné par le bailleur
Facturer les quittances de loyer ou les visites
Prévoir la résiliation pour des motifs non prévus par la loi

11. Générer un bail complet avec BailleurZen

Les 12 clauses incluses automatiquement

Clause résolutoire conforme au décret 2026-596
Clause de révision IRL pré-remplie
Clause de solidarité (colocation)
Accord d'envoi dématérialisé des quittances
Rappel d'interdiction de sous-location
Toutes les mentions obligatoires incluses

12. Questions fréquentes

En résumé

  • La clause résolutoire est indispensable pour protéger le bailleur en cas d'impayé.
  • Sans clause de révision, aucune augmentation de loyer n'est possible.
  • La clause de solidarité est essentielle en colocation.
  • L'interdiction de sous-location s'applique en vide comme en meublé (articles 8 et 25-3).
  • Les clauses interdites par la loi sont réputées non écrites, même signées.

Sources et références

  • Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 — Articles 4 (clauses abusives) et 8 (sous-location)
  • Loi n°2014-366 du 24 mars 2014 (loi Alur) — Contrat type et mentions obligatoires
  • Code civil — Article 1231-5 (clause pénale) et Article 1366 (signature électronique)
  • Décret n°2015-587 du 29 mai 2015 — Contrat type de location

Articles connexes